J’ai retrouvé la semaine dernière un vieux carnet où j’avais griffonné mes prédictions tech pour 2024. Franchement, je me suis marré. Certaines étaient à côté de la plaque (non, on ne parle plus du metaverse), d’autres beaucoup plus justes. Avec deux ans de recul, c’est pas mal de refaire le point sur ce qui s’est vraiment passé cette année-là, parce que 2024 a été bizarrement charnière sans qu’on s’en rende compte sur le moment — y compris dans la façon dont on occupait notre temps libre, entre écrans omniprésents et habitudes qui ont pas mal évolué.
Le truc c’est que 2024 a servi de vitrine géante. Les Jeux de Paris, le CES à Las Vegas, les annonces industrielles à la chaîne… même dans des secteurs qu’on n’associe pas forcément à la tech (l’automobile, la défense, ou même les plateformes de loisirs comme Brutal Casino qui misait déjà sur des interfaces plus fluides), tout le monde a sorti ses cartes cette année-là. Si vous voulez voir un exemple concret de ce virage UX, allez jouer chez Brutal pour comparer avec ce qui se faisait avant 2024. Le fossé est flagrant.
Paris 2024 : le vrai laboratoire grandeur nature
Perso, c’est ce qui m’a le plus marqué. On a beaucoup parlé des médailles, du défilé sur la Seine, des polémiques habituelles. Mais en coulisses, les JO de Paris ont été un terrain de jeu massif pour l’IA appliquée au sport.
Je pense notamment à ce qui s’est fait autour du suivi des athlètes. Les systèmes de captation utilisés pour analyser en temps réel les mouvements, prédire les blessures, ajuster les entraînements… c’était du jamais vu à cette échelle. Les fédérations qui s’en sont servies (et il y en avait beaucoup plus qu’on l’imagine) ont tiré des données qu’elles utilisent encore aujourd’hui.
Il y avait aussi tout le volet sécurité. Vidéosurveillance algorithmique, détection de comportements suspects dans les foules. Ça a fait débat, à raison. Deux ans après, ces systèmes sont toujours là, un peu partout, et personne n’en parle vraiment plus. Comme quoi.
Le CES 2024 vu de France
Seize startups franciliennes présentes à Las Vegas cette année-là. Seize. Je me souviens avoir été bluffé par la diversité : de la santé connectée au recyclage, en passant par des solutions d’accessibilité pour les personnes malvoyantes. Ce qui m’avait frappé, c’est qu’on était loin du gadget bling-bling qu’on associe souvent au CES.
Quelques trucs que j’avais notés à l’époque :
- Des capteurs miniaturisés capables de mesurer la qualité de l’air intérieur en continu
- Des exosquelettes pour les métiers de la logistique (le dos des préparateurs de commandes remercie)
- Une plateforme d’aide à la décision médicale basée sur des modèles entraînés sur des données européennes, et pas américaines pour changer
- Un dispositif de rééducation en réalité mixte pour les AVC
Sur les seize, combien existent encore ? J’ai pas fait le calcul mais je parie qu’au moins la moitié a tenu. Ce qui est pas mal du tout pour ce milieu.
L’automobile, ce secteur qu’on croit ringard
Grosse surprise pour moi. 2024 a été une année énorme pour la sécurité auto, et pourtant personne n’en a fait ses gros titres. Freinage d’urgence intelligent, détection d’angle mort de nouvelle génération, systèmes qui reconnaissent quand le conducteur pique du nez au volant… tout ça est devenu la norme sur les nouveaux modèles.
La réglementation européenne a poussé, clairement. Depuis juillet 2024, plein de dispositifs sont devenus obligatoires sur les voitures neuves. Le résultat concret ? Les stats de mortalité routière sur 2025 ont commencé à s’améliorer sensiblement. C’est pas anodin.
Ce que j’aime bien dans cette histoire, c’est que ça montre qu’une innovation tech utile ne fait pas forcément le buzz. Personne ne va tweeter sur le fait que sa voiture a évité un accident. Alors qu’un chatbot qui pond un poème mal fichu, si.
L’IA militaire, le sujet dont on ne parle pas assez
2024 c’est aussi l’année où les organisations de défense ont officiellement pris le virage. Intégration de l’IA, de la robotique, du quantique dans les stratégies à long terme. On peut penser ce qu’on veut de ça (et j’ai des avis mitigés je l’avoue), mais c’est une réalité industrielle qui structure une partie de la R&D européenne — au même titre que d’autres secteurs qui réinventent leur modèle, comme des industries énergivores passées au solaire.
Le budget alloué à ces sujets a explosé. Les partenariats public-privé se sont multipliés. Et beaucoup d’innovations qui finissent chez nous en version civile passent d’abord par là. Le GPS, à la base, c’était militaire. Internet aussi. Bref.
Ce qui a vieilli, ce qui tient
Je vais être honnête, tout n’a pas suivi. Certaines annonces de 2024 sont déjà oubliées :
- Les lunettes de réalité augmentée grand public : toujours pas vraiment décollé
- Les assistants IA « personnels » façon compagnons de vie : on est loin du compte
- La blockchain appliquée à tout et n’importe quoi : ça s’est calmé
À l’inverse, ce qui a tenu :
- L’IA générative dans les outils bureautiques du quotidien (elle est partout maintenant, on la voit plus)
- Les puces neuronales dans les smartphones et laptops
- Les avancées sur les batteries solides, qui commencent à arriver en série
- Tout le domaine de la santé connectée, en croissance folle
Mon regard, deux ans après
Ce qui me frappe le plus en refaisant ce panorama, c’est à quel point on a sous-estimé 2024 pendant qu’on la vivait. On était tellement obnubilés par ChatGPT et les débats autour de l’IA générative qu’on a raté plein de trucs qui se passaient en parallèle.
La leçon que j’en tire ? Les vraies innovations sont rarement celles dont on parle le plus fort au moment où elles arrivent. Elles se glissent dans nos vies discrètement, et un jour on se rend compte qu’on ne pourrait plus s’en passer.
Bon, maintenant excusez-moi, faut que j’aille demander à mon assistant vocal de me commander des pâtes.
